Une coopérative d'économie sociale pour le bien-être des perroquets

Mis à jour : juin 29


Écrit par Claire Versailles, membre de la CO-ESP


Qu’est-ce que la CO-ESP ?

La Coopérative de solidarité d’entraide pour la survie des perroquets (CO- ESP) a été fondée en 2013 avec la mission de réunir les intervenants engagés dans les causes de protection des êtres animaux pour établir un sanctuaire de vie qui répondra à long terme aux besoins grandissants des perroquets du Québec. Elle entend également soutenir la protection, la sauvegarde et l’intégration des perroquets dans les réseaux sociaux et privés de la société, par l’éducation populaire et par l’établissement de principes et de balises spécifiques à leur qualité de vie. Il est urgent d’obtenir des règlements bien adaptés à la réalité de leurs besoins impératifs et de sensibiliser la population sur la nécessité de répondre à ces besoins spécifiques.


La CO-ESP désire se positionner au sein du mouvement international de protection des êtres animaux. En outre, elle a mis sur pied en 2016 la Coalition pour la défense des animaux exotiques en captivité (CDAEC), lesquels, au Québec, ne reçoivent pas les mêmes protections. Le terme « êtres animaux » est favorisé pour marquer que les « animaux » ne doivent pas être considérés comme des biens ou des possessions, mais plutôt comme des êtres dotés de sensibilité ayant des impératifs biologiques.

En effet, la Loi sur le bien- être et la sécurité de l’animal (« Loi BÊSA ») laisse pour compte certains êtres animaux tels que les êtres animaux exotiques. Notamment, parce que les perroquets sont considérés comme des êtres animaux exotiques sauvages, ils sont inclus dans la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec et ne bénéficient pas des termes de la Loi BÊSA.


Les membres de la CO-ESP (membres utilisateurs et membres de soutien) sont tenus à la participation d’une part sociale payable une seule fois et il est possible d’adhérer à la coopérative via son site Internet — http://co- esp.com/membres/devenir-membre. Par ailleurs, la CO-ESP encourage tous ceux qui se préoccupent de bien-être animal à visiter sa Boutique en ligne, à « aimer » sa page Facebook et celle de la CDAEC, et à visionner les vidéos présentées sur sa chaîne You Tube.


Les psittaciformes : qui sont-ils ?

L’ordre des psittaciformes comprend quatre grandes familles de perroquets et perruches, tous des oiseaux à bec crochu qui affichent deux doigts de pieds vers l’avant et deux vers l’arrière. On y retrouve près de 400 espèces d’oiseaux qui varient en taille et en poids, d’une trentaine de grammes à au-delà de 1500 grammes. Plusieurs espèces sont disponibles en une multitude de mutations de couleurs. Les becs crochus peuvent souvent émettre des cris stridents, particulièrement les espèces dont le milieu naturel est très humide, car ils doivent communiquer malgré cette barrière d’humidité « pesante » et ont développé de puissantes voix à cet effet. On peut la plupart du temps différencier les perruches des perroquets par leurs longues queues en pointe alors que celles des perroquets sont relativement courtes et coupées carrées. Par ailleurs, les perroquets jouissent fréquemment d’une dextérité du pied qui n’est pas égalée chez la perruche.


Les perroquets comme êtres animaux de compagnie

La nature exotique des perroquets est indissociable de leur génétique et leur garde en captivité est conséquemment très exigeante. Ils nécessitent des aménagements particuliers, à la grandeur de leur besoin de voler, et la longévité de plusieurs espèces, jusqu’à trois fois plus importante que les espèces domestiques et parfois comparable à celle des humains, complique d’autant plus la problématique de leur garde. Par surcroît, à l’opposé de nos mammifères de compagnie prédominants, les oiseaux ne

peuvent pas être stérilisés et le fait qu’ils demeurent sexués constitue un autre élément dont on doit tenir compte lors de nos interactions avec eux. Il est par ailleurs impossible de répondre à tous leurs besoins dans un contexte de captivité, et la méconnaissance fréquente de leur nature entraîne souvent des problèmes de cohabitation (destruction de l’environnement, malpropreté, cris, morsures). En réalité ces comportements « indésirables » chez les perroquets de compagnie sont, la plupart du temps, des comportements « normaux ».


Trois assises fondamentales régissent les comportements des perroquets : ce sont des proies et non des prédateurs tels que les chiens et les chats, ils sont grégaires, ils sont sexués. Chez cet être animal très grégaire, le tissu social joue donc un rôle fondamental. En outre, rappelons qu’un perroquet dans la nature n’est JAMAIS seul au cours de sa vie et s’il l’est, c’est qu’il aura été chassé de son groupe pour cause de maladie ou de blessure, ce qui entraînera sa mort à court terme : pour cette raison, un perroquet laissé seul subit un grand stress.


Malgré tout, la popularité des perroquets comme êtres animaux de compagnie est sans cesse grandissante à cause de la beauté de leur plumage, de l’habilité de certaines espèces à parler le langage humain, de leur capacité à imiter plusieurs gestes « humains » grâce à une remarquable dextérité du pied et du bec, et de leur intelligence supérieure. Cet engouement fait qu’ils sont de plus en plus abandonnés, changent de propriétaires jusqu’à six fois par décennie et développent conséquemment des comportements de plus en plus troubles.


Dès lors, on constate un problème de surpopulation des perroquets de compagnie survenu, au Québec et ailleurs dans le monde, au cours des récentes décennies. Au Québec, la fréquentation des cliniques vétérinaires nous porte à estimer à 6000-7000 le nombre de perroquets qui n’auront pas de place pour vivre d’ici quelques années. Alors que certains refuges familiaux québécois détiennent plus d’une cinquantaine de perroquets, on évalue, selon des données recueillies auprès des médias sociaux et d’autres sources vouées aux oiseaux sans famille, qu’en moyenne 10 perroquets par semaine doivent être placés dans un foyer d’accueil ou un refuge (certains refuges ne font plus d’adoptions, les oiseaux étant revenus trop souvent). Cette surpopulation demeure une situation méconnue.

Présentement, aucune organisation québécoise n’est capable d’assurer la survie à long terme à tous ces perroquets. Comme la serre du Jardin zoologique de Québec est désaffectée depuis 2006, proposition a été faite par la CO-ESP d’y établir un Sanctuaire national des perroquets du Québec, proposition rejetée par la SÉPAQ, comme d’ailleurs toutes les autres propositions formulées lors d’appels d’offres publics destinés au réaménagement du site du Jardin zoologique.


Ainsi, la question de l’heure, alors que les refuges sont bondés de perroquets de toutes espèces, autant au Québec qu’aux États-Unis ou en Europe, est la suivante : sommes-nous en mesure d’offrir une qualité de vie adéquate à tous ces perroquets dans un contexte de captivité ?



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© 2020 par Magazine Passion animaux

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