Un nouvel outil pour mesurer la douleur chez le chat

Mis à jour : juin 29


Une équipe de la Faculté de médecine vétérinaire de l’UdeM a mis au point une échelle de la douleur basée sur les expressions faciales du chat.

Écrit par : Mel-Lyna Cadieux


Les chats savent nous démontrer leur inconfort de différentes manières grâce à leur langage corporel, mais comment évaluer l’intensité de celle-ci? Grâce à des chercheurs de l’Université de Montréal, les vétérinaires disposent désormais d’une échelle qui mesure la douleur de l’animal à partir de la position des oreilles, du museau, des moustaches et des paupières, la Feline Grimace Scale. L’évaluation peut se faire en moins de cinq minutes.


«Il est difficile de traiter la douleur si nous ne sommes pas capables d’en reconnaître les signes», explique le Dr Paulo Steagall, qui a dirigé cette recherche à la Faculté de médecine vétérinaire de l’UdeM. L’échelle, qui a fait l’objet du projet doctoral de Marina Evangelista, vient de connaître une diffusion internationale, puisque la revue Scientific Reports, du groupe Nature Publishing, a fait paraître un article sur le projet de recherche dans son édition du 13 décembre 2019. L’article est signé par sept chercheurs du Département de sciences cliniques de la Faculté de médecine vétérinaire.


Un outil précieux

Il est parfois ardu pour le propriétaire et pour le vétérinaire de savoir à quoi s’en tenir, puisque le chat est un animal discret qui a tendance à se cacher quand il ressent de la douleur. L’outil de mesure donne rapidement une idée de l’état de souffrance de l’animal puisque la position des oreilles, la fermeture des paupières, les tensions dans la région du museau, la position des moustaches et le port de la tête peuvent en dire long sur l'état des petits félins en question.


L’échelle de la grimace du chat (Feline Grimace Scale) se présente comme un tableau que l’utilisateur peut remplir après quelques minutes d’observation. Entre 0 (aucun signe) et 2 (signe très net), le vétérinaire évalue si le chat a les yeux ouverts (0), partiellement fermés (1) ou fermés (2); si sa tête est dressée au sommet du cou ou si elle a plutôt tendance à s’enfoncer entre les épaules. Il note également la position des moustaches (tendues et orientées vers l’avant ou rabattues, elles dénotent un malaise) et des oreilles: lorsque celles-ci sont tournées vers l’avant et pointées vers le haut, c’est signe que le chat se sent bien. Le museau est un peu plus difficile à observer; quand il forme des angles arrondis, c’est bon signe; un museau triangulaire pourrait être un indicateur de douleur. Plus la note totale s’approche de 10, plus la douleur de l’animal est aiguë.


La mise au point de cet outil représente « une avancée significative dans la reconnaissance et la gestion de la douleur chez le chat », reprend le Dr Steagall, qui souligne au passage que les questions liées au bien-être animal sont de plus en plus présentes dans la communauté scientifique. Il existait des échelles similaires pour les souris, rats, lapins, chevaux, moutons, porcs et furets, mais pas pour le chat domestique.


39 sujets de recherche

L’échelle peut dès maintenant être utilisée par les vétérinaires du monde entier. Un de ses intérêts est qu’elle peut s’appliquer à différents types de douleur, qu’elle soit d’origine médicale, orale ou postopératoire. L’échelle peut également détecter une réponse au traitement analgésique, c’est-à-dire que le vétérinaire peut constater si l’animal a bien répondu ou pas à l’administration d’un analgésique.


Établie après l’observation sous tous les angles de 39 chats amenés en clinique pour recevoir des soins vétérinaires, l’échelle a été validée en procédant par comparaison avec les expressions faciales de 20 chats bien portants. Diverses races ont été incluses dans l’étude (siamois, bengali, maine coon et Savannah), en plus du «chat domestique à poils longs».


Financement et plan de match

Le principal obstacle auquel ont été confrontés les chercheurs a été celui du financement initial. Dans le secteur de la douleur animale, ce n’est pas toujours facile de trouver des subventions. La compagnie pharmaceutique Zoetis a finalement financé le projet.


Le Dr Steagall mentionne qu’il s’agit d’une étape importante tant pour son équipe que pour la cause du bien-être animal. « Il y a quatre ans que nous travaillons sur le sujet », dit-il. Ce n’est pas terminé, car ce projet continuera de l’occuper pour plusieurs années.


----------------------------------------------


Informations tirées des articles suivants :

© 2020 par Magazine Passion animaux

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now