Triste dénouement pour la baleine à bosse aperçue à Montréal

Mis à jour : juin 29

L’épopée inusitée de la baleine à bosse à Montréal s'est terminée sur une triste note. Après avoir séjourné quelque temps dans le secteur du pont Jacques-Cartier, la carcasse dérivante de l’imposant mammifère marin a été aperçue près de Varennes mardi matin.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le rorqual à bosse repéré sous le pont Jacques-Cartier le 30 mai dernier n’avait pas été aperçu depuis le 7 juin. Les équipes de Pêches et Océans Canada sont actuellement en route vers le secteur de Varennes où se trouve l'animal défunt, confirme Marie-Ève Muller, du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). « La baleine ne s'est pas encore échouée, mais sa carcasse dérivante flotte dans l'eau, ventre à l'air. On ignore pour le moment la raison de sa mort. Il peut s'agir d'une collision. L'animal a peut-être succombé à une maladie. »


Une nécropsie, examen post-mortem pratiqué sur les animaux pour déterminer les causes d'un décès, sera exécutée par des membres de la faculté vétérinaire de l'Université de Montréal dès que possible.


L’émoi suscité par cette rare visite a vite laissé place à l’angoisse pour bien des Montréalais. Plusieurs ont exprimé leur tristesse sur les réseaux sociaux à l’annonce de la nouvelle et se demandent si cette tragédie aurait pu être évitée.

La raison de la visite du jeune cétacé, âgé entre 2 et 3 ans, avait fait l’objet de bien des débats. Les spécialistes du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM) supposent notamment que la baleine aurait suivi des proies ou se soit perdue.

Ses sauts spectaculaires ont attiré un grand nombre de curieux dans le Vieux-Montréal la semaine dernière. Au petit matin, familles entières et photographes amateurs se présentaient quotidiennement sur place pour observer la baleine à bosse.


La baleine, d'une longueur d'environ 10 mètres et qui pèse 15 tonnes, est susceptible d’obstruer le transport maritime, précise Robert Michaud, coordonnateur du GREMM.

Les équipes de la garde côtière sont en train d’évaluer la façon de récupérer la carcasse. Deux options s’offrent à eux : attendre que l’animal s’échoue à un bon endroit pour effectuer la nécropsie ou le remorquer à l’aide de pelles mécaniques.


Plusieurs se sont demandé s’il fallait venir en aide au rorqual durant son séjour à Montréal. « Le choix a été fait de ne pas intervenir auprès de la baleine, explique M. Michaud. Notre approche de base, c’est de laisser la nature suivre son cours et l’animal s’est aventuré en eau douce par lui-même. »


Bien que l’apparition de ce type d’animal aux abords du Vieux Port soit d’une grande rareté, l’exploration de différents milieux fait partie du comportement normal des jeunes cétacés.

« Notre position par rapport aux interventions c’est qu’on agit quand l’évènement a une cause humaine directe ou quand l’animal est en voie de disparition », poursuit l’expert. Le rorqual à bosse fait partie des rares espèces sauvages dont la population augmente. Il aurait été quasi impossible à déplacer sans contraindre physiquement l’animal, soutient-il. Utiliser des sons pour le guider ailleurs aurait présenté certains risques. « Ça peut générer des réactions inattendues et soudaines. Énormément de surveillance a été mise en place pour assurer la sécurité de cette baleine. On a beaucoup aidé cet animal qui s’est mis dans le trouble lui-même », précise Robert Michaud.


Mardi à 9 h, l'immense carcasse propulsée par le courant du fleuve Saint-Laurent dérivait à bonne vitesse vers Sorel en s'éloignant du rivage. Entre 30 et 40 résidents des alentours observaient le triste spectacle sur le quai de Varennes.


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Article original écrit par LaPresse

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