Tout savoir sur le virus de l’immunodéficience féline (FIV)

Mis à jour : juin 29


Écrit par : Mel-Lyna Cadieux


Dans les refuges animaliers de partout dans le monde, nous pouvons retrouver bien souvent des chats atteints du fameux "FIV +". Ce terme, qui effraie beaucoup d'adoptants potentiels, se doit d'être expliqué pour que les chats atteints du virus puissent enfin trouver leur famille pour la vie.


Qu'est-ce que le virus de l'immunodéficience féline (FIV) ?

Le virus de l’immunodéficience féline (FIV) est un virus qui affaiblit le système immunitaire des chats. Même si le virus s’apparente au VIH/sida chez les humains, la maladie est moins grave et menace rarement la vie de l’animal. Elle a d’abord été identifiée aux États-Unis au milieu des années 1980 et elle affecte les chats partout dans le monde.


Quels sont les symptômes ?

L’infection par le FIV est attribuable à un affaiblissement du système immunitaire du chat, ce qui laisse le chat vulnérable aux infections qu’il pourrait autrement combattre. Les signes cliniques de l’infection par le FIV sont très divers parce que les symptômes s’accompagnent souvent de plusieurs infections secondaires.


La plupart des chats infectés ne manifestent aucun signe clinique de l’infection et les tests représentent donc un aspect important pour le contrôle de cette maladie au sein de la population. Après l’infection initiale, beaucoup de chats manifestent une brève période de léthargie, de fièvre passagère et de ganglions lymphatiques enflés qui peut facilement ne pas être perçue par les propriétaires et les vétérinaires. Beaucoup de chats peuvent ensuite vivre toute leur vie avec le virus, tandis que d’autres pourront ne manifester aucun signe pendant quatre ou cinq ans et ensuite développer des symptômes lorsque le système immunitaire est affecté. Les chats atteints d’une maladie associée au FIV peuvent sembler complètement normaux, tandis que d’autres présenteront un pelage terne, une fièvre chronique, une diminution de l’appétit, des infections chroniques des gencives et de la gueule, une diarrhée persistante, une perte de poids progressive et beaucoup d’autres symptômes. Même si cela arrive rarement, le virus peut aussi affecter le système nerveux et entrer dans le coussin liquide (liquide céphalorachidien) qui entoure le cerveau et la moelle épinière, ce qui causera des symptômes du système nerveux. Il faut habituellement compter plusieurs années pour que les symptômes de maladie grave se développent.


Est-ce que la longévité d’un chat sera affectée s’il est testé positif FIV?

La durée de vie moyenne d’un chat infecté par le FIV n’est pas significativement différente de celle d’un chat non infecté. Même si les chats positifs pour le FIV peuvent avoir besoin de soins plus intensifs pour certaines maladies et être plus susceptibles aux infections, ils n’ont généralement pas besoin de prendre régulièrement des médicaments.


Comment se propage le virus ?

Le virus se propage habituellement d’un chat à l’autre dans la salive ou le sang lors de morsures de chats et la maladie est donc plus courante chez les mâles errants qui se livrent à des combats. L’âge moyen de l’infection se situe lorsque les chats sont de jeunes adultes et âgés d’environ trois à six ans. Les morsures doivent être suffisamment profondes pour causer un saignement et le risque de transmission de la maladie est donc faible entre les chats d’intérieur qui s’entendent bien.


Le virus ne vit pas longtemps à l’extérieur du chat et c’est donc le contact étroit avec d’autres chats qui sert de voie de transmission entre les chats. Si une chatte femelle intacte contracte le FIV pendant la gestation, elle pourra le transmettre aux petits en développement (fœtus) dans l’utérus.


Est-ce que le virus peut être transmis aux humains ? Les chats ne peuvent pas transmettre la maladie d’immunodéficience aux humains et les chats ne peuvent pas non plus développer le sida humain. Des études indiquent que les vétérinaires, propriétaires et chercheurs qui ont eu des contacts étroits avec les chats infectés par le FIV ne manifestent aucun symptôme de la maladie.


Comment diagnostiquer un chat ?

Il est important de faire tester votre chat si vous vous inquiétez qu’il puisse avoir été exposé à ce virus. L’infection par le FIV est habituellement diagnostiquée par un test sanguin. Un deuxième test peut être recommandé si le test de dépistage initial est positif afin de confirmer l’infection. Il est souvent prudent d’effectuer un test pour le virus de la leucémie féline en même temps et beaucoup de batteries de dépistage contiennent les tests pour les deux virus. Si vous allez adopter un chat errant, assurez-vous d’effectuer le test sanguin avant d’introduire le nouveau chat dans votre domicile.


À noter que les chats qui ne sont pas encore adultes (âgés de moins de six mois) peuvent avoir un test faussement positif en raison des anticorps de leur mère. Donc si un jeune chat obtient un résultat positif, un autre test sera effectué après l’âge de six mois afin de s’assurer qu’il s’agit vraiment d’une infection et non d’anticorps résiduels de la mère.


Quoi faire si notre chat est infecté ?

Un chat infecté par le FIV devrait être gardé à l’intérieur et à distance des autres chats avec qui il pourrait se battre afin de prévenir la propagation de la maladie. Les chats sont moins aptes à se défendre lorsqu’ils sont malades et ils pourraient être blessés plus facilement que des chats en santé.


Il faut mettre en quarantaine les nouveaux membres du foyer et leur faire subir des tests avant de les introduire dans un nouveau foyer ou établissement. Il faut réduire le stress et la surpopulation et fournir une nutrition de qualité et des soins préventifs appropriés deux fois par année ou plus fréquemment pour les chats malades, conformément aux directives de votre vétérinaire. Il faut aussi éviter d’accoupler les chats qui ont des résultats positifs pour le virus.


Comment bien gérer son environnement ?

Utilisez une désinfection appropriée afin de nettoyer l’environnement dans lequel a habité un chat infecté avant d’introduire de nouveaux chats ou chatons. Vu que le virus peine à survivre à l’extérieur du chat, il est nécessaire d’enlever les microbes excrétés dans l’environnement par des infections connexes, comme le pus provenant des infections cutanées ou dentaires. Du savon ordinaire et de l’eau et des produits de nettoyage ménager élimineront efficacement ce virus.


Quels sont les traitements ?

Le FIV est une maladie incurable. On peut recourir à des antibiotiques et à des soins de soutien pour contrôler les infections secondaires qui peuvent se produire, mais rien ne peut guérir l’infection par le FIV en soi.


De nouveaux essais suggèrent que des médicaments antiviraux (semblables aux médicaments utilisés pour traiter le sida chez les humains), la thérapie à l’interféron et d’autres médicaments immunomodulateurs s’avèrent prometteurs pour la gestion de la maladie chronique associée à l’infection virale. Des soins de soutien sont fournis pour les complications associées à la maladie comme les infections secondaires, la stomatite (inflammation des gencives profondes) ou l’encéphalite (inflammation du cerveau).


Les chats FIV+ sont-ils de bons candidats à l'adoption ?

Oui !! Malgré sa condition de santé qui nécessite un bon suivi ainsi qu’une intervention rapide lors de l'apparition de certains symptômes, un chat atteint du virus fera un tout aussi bon compagnon qu’un chat en parfaite santé.


Il ne faut pas se laisser effrayer par les termes médicaux même si ceux-ci ont l’air à première vue très abstrait. Renseignez-vous auprès de votre refuge ou de votre clinique vétérinaire qui sauront vous aider à comprendre ces cas différents, mais qui sont remplis de potentiel.


Des centaines de chats avec des conditions médicales variées attendent leur famille pour la vie dans un refuge, et ce, depuis très longtemps pour plusieurs. Contrairement aux chatons ou aux chats en bonne santé générale, leurs profils sont souvent ignorés ce qui rallonge beaucoup leur séjour en refuge.


Loin d’être imparfaites, ces petites boules d’amour auront seulement besoin d’une famille qui comprend leurs besoins et qui est prête à les aimer et mettre tout en œuvre pour leur offrir la meilleure vie possible.


( Source : L’association canadienne des Médecins vétérinaires (ACMV) )

© 2020 par Magazine Passion animaux

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