Le deuil de son fidèle compagnon

Mis à jour : juin 29


Écrit par : France Innis


Cet article n’est pas celui que j’avais planifié pour une première publication au magazine Passion Animaux. Avec mon fidèle compagnon Filou, un schnauzer nain de 8 ans, nous avions vécu quelques expériences de traitements vétérinaires alternatifs afin de compléter une série d’articles sur le sujet. Mais voilà, le matin de 22 septembre dernier, j’ai retrouvé mon compagnon décédé. Nous savions qu’il avait quelques problèmes de santé, mais ce fut un choc pour moi de le retrouver inerte au petit matin. Depuis ce jour, je vis un véritable deuil. N’ayant pas le cœur à revenir sur mon sujet de départ, j’ai eu envie d’aborder la question de la perte d’un animal de compagnie.


Un peu en quête de moyens de gérer la douleur qui m’accablait, j’ai fouillé le web à la recherche d’articles sur le sujet. Ce que j’y ai découvert, c’est que pour beaucoup d’entre nous, la perte d’un animal de compagnie est un événement de la vie très loin d’être banal.


Un deuil réel et douloureux

De plus en plus d’auteurs et de professionnels en relation d’aide sont amenés à accompagner des personnes en deuil de leur animal. Les étapes du deuil sont exactement les mêmes que lors de la perte d’un être humain. Les risques de détresse psychologique sont tout aussi importants. Plusieurs facteurs peuvent rendre la perte d’un animal de compagnie extrêmement douloureuse. Votre compagnon a partagé votre vie TOUS LES JOURS pendant 10, 15 voire 20 ans. Il sera resté à vos côtés dans les moments difficiles, sans jamais vous juger ni vous lancer quelques paroles blessantes. De nos jours où les relations humaines sont parfois aussi difficiles qu’éphémère, l’animal de compagnie occupe une très grande place dans la vie de plusieurs. La force du lien dans une telle relation peut être colossale et la perte énorme et douloureuse.


Il peut arriver que certaines personnes aient du mal à comprendre que l’on puisse avoir tant de peine suite à la perte de son animal. Si possible, il faut alors s’entourer de gens qui peuvent comprendre et nous permettent d’exprimer ouvertement notre peine. Un bon livre, un article, ou même consulter une personne ressource peut être aidant.


La culpabilité

Alors que nous discutions sur le sujet, une collègue me racontait que son chien avait pris de la glucosamine pendant plusieurs années. Or, trois jours avant sa mort, elle avait choisi d’acheter une marque différente de sa marque habituelle. Elle avait ensuite longtemps douté du fait qu’elle avait peut-être causé la mort de son chien en changeant sa marque de glucosamine. Après avoir traversé son deuil, elle a été capable de voir que son chien, alors âgé de 17 ans, sourd et aveugle, était mort de vieillesse. Mon Filou est mort 3 jours après son traitement d’ostéopathie. Ma première pensée fut que ce traitement l’avait tué. En voulant le soulager, j’avais causé sa mort. Il est très fréquent que les humains se sentent responsables de la mort de leur animal. Ces derniers étant incapables d’exprimer leur douleur, nous y allons parfois à tâtons, et il arrive même que nous fassions fausse route dans les décisions que nous prenons pour les soigner. Notre désir de les rendre heureux et de pourvoir à tous leurs besoins est souvent très grand, et lorsque notre compagnon décède, nous avons parfois l’impression d’avoir échoué. Le fait est que lorsque nous nous engageons avec un animal de compagnie, notre contrat sous-entend que nous quitterons cette terre après eux, enfin, dans le cours normal des choses. Même avec toute la bonne volonté du monde, nous ne pouvons rallonger leur vie indéfiniment.


Les rituels qui aident à vivre le deuil

De l’accompagnement du chien mourant à la crémation privée, la perte d’un animal peut se faire dans la dignité et le respect. Beaucoup d’hôpitaux vétérinaires offrent des pièces spécialement aménagées pour que les humains puissent vivre leurs derniers moments avec leur compagnon décédé et pleurer à leur guise, à l’abri des regards. Musique douce et lumières tamisées invitent au recueillement. Faire ses adieux au corps peut être important pour plusieurs.


Si traditionnellement, la crémation des animaux décédés se faisait en groupe, on peut maintenant faire appel à un service de crémation privé. À une époque où les animaux de compagnie ont de plus en plus un statut de membre officiel de la famille, ce créneau du marché de l’animal de compagnie est en pleine expansion. Les choix sont multiples et les clients pourront disposer des cendres ou du corps de leur animal à leur guise. Il existe maintenant des cimetières et columbariums pour animaux. Plusieurs choisiront aussi d’enterrer leur animal sur leur propriété. Il faut toutefois savoir que cette pratique est interdite au Québec, ce qui n’empêche pas plusieurs propriétaires d’y avoir recours quand même.


Comment en parler aux enfants?

La mort d’un animal de compagnie est souvent un des premiers contacts des enfants avec la mort. Beaucoup de parents se retrouvent un peu démunis, ne sachant trop comment aborder la question. La façon la plus simple est la meilleure, à savoir dire les choses simplement, répondre aux questions des enfants et les laisser exprimer librement leur peine. Si c’est un peu difficile, un livre adapté sur le sujet peut parfois être très aidant. Le libraire ou le (la) bibliothécaire sauront vous guider. Une personne ressource peut également être d’une aide précieuse au besoin.


Dans tous les cas, il est important de ne pas prendre à la légère le deuil animalier. Il faut savoir s’écouter, ainsi que chaque membre de la famille, et se permettre de vivre sa peine comme il se doit.


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© 2020 par Magazine Passion animaux

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