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La transmission de la COVID-19 entre les visons et les humains est confirmée


Dans un article publié mardi dans la revue Science, des chercheurs néerlandais ont confirmé que la transmission de la COVID-19 entre l’humain et le vison est bel et bien possible, et ce dans les deux sens. 

On a appris dans les derniers jours que le Danemark exigeait l’abattage de tous les élevages de visons de peur que la transmission serait possible. 

Aujourd’hui, après l’annonce de l’article, les chercheurs craignent que les visons ainsi que les espèces de la même famille puissent devenir un foyer au coronavirus, ce qui pourrait entraîner d’autre épidémie dans le futur. 

Les auteurs de l’étude ont relevé que 68 % des résidents, employés ou contacts des 16 premières fermes d’élevage de visons à avoir été infectées par le SRAS-CoV-2 aux Pays-Bas ont été déclarés positifs à la COVID-19 à la suite d’un test de dépistage.

« Ce phénomène de transmission d’un virus de l’humain à l’animal et de l’animal à l’humain n’est pas nouveau. Il se produit périodiquement avec l’influenza, dont les nouvelles souches émergent généralement d’élevages de porcs et de poulets », rappelle le Dr Raymond Tellier, du Département de microbiologie et immunologie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Le virus H1N1 responsable de la pandémie de 2009 a été transmis à l’humain par des populations de porcs. Or ce virus porcin était un descendant du virus H1N1 qui a entraîné la pandémie de grippe espagnole de 1918, relate-t-il. « Les virus peuvent sauter d’une espèce à l’autre, et l’infection des fermes de visons par le SRAS-CoV-2 nous le rappelle », dit-il, avant de préciser que les animaux s’avèrent des réservoirs naturels de virus, qui continuent de muter.

« Si les élevages de visons deviennent ainsi des réservoirs du virus, ils pourront devenir un problème de santé publique, car ils pourraient réintroduire le virus dans la population humaine », prévient-il.

« Les coronavirus se transmettent principalement entre les membres d’une même espèce, mais ils infectent aussi parfois d’autres espèces. L’infection des visons n’est pas un phénomène surprenant en soi, mais ce qui est intéressant est le fait qu’au départ, des humains ont infecté des visons qui semblent manifestement être devenus un réservoir, car le virus a persisté au sein des colonies de visons où il a acquis des mutations, ce qui a permis un débordement vers l’humain », ajoute le Dr Don Vinh, microbiologiste infectiologue au CUSM.

La question sur une mutation possible du virus lors de sa transmission au sein des élevages de visons est bien présente sur les lèvres des scientifiques. Toutefois, la probabilité que les mutations procurent un avantage au virus est très faible. Il est d’ailleurs plus probable que les souches virales provenant des visons et qui ont infecté des humains se soit affaibli ou bien n’ait tout simplement subi aucune modification.

« Ce qui est potentiellement inquiétant dans ce phénomène de débordement est la possibilité que s’installe un cycle de transmission entre l’animal (de diverses espèces) et l’humain. Si des humains transmettent à nouveau le SRAS-CoV-2 à d’autres espèces d’animaux d’élevage ou domestiques en chenil, ces fermes d’élevage pourraient devenir des usines à virus qui pourraient à leur tour déborder chez l’humain », avance-t-il.

Le Dr Gaston De Serres, épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), souligne par ailleurs que « plusieurs espèces de mustélidés, tels que le vison, le furet, la belette et la mouffette, contractent facilement les virus respiratoires. Le furet, cousin du vison, est l’animal modèle pour étudier la transmission des virus respiratoires, dont le SRAS-CoV-2 ».

Les auteurs de l’étude publiée dans Science mentionnent que les chiens, les chats, les hamsters, les furets, diverses espèces de primates non humains, les musaraignes arboricoles, les lapins, les tigres, les lions et les chauves-souris frugivores sont autant d’espèces qui peuvent être infectées par le SRAS-CoV-2, et que les chats, les musaraignes arboricoles, les hamsters et les furets peuvent également le transmettre.

« On doit s’inquiéter de ces réservoirs animaux, surtout s’il s’agit d’espèces élevées en grand nombre, comme les visons. On devra surveiller de près les changements génétiques que subira le virus qui les affecte », soutient le Dr De Serres, car « le virus qui infecte les visons d’élevage continue de subir des mutations qui pourraient le rendre plus infectieux et plus dangereux. Toutefois, la majorité des changements génétiques qu’entraînent ces mutations n’ont habituellement pas d’impacts négatifs pour les humains, parce qu’ils surviennent dans les parties non codantes du génome du virus. Elles sont le plus souvent sans conséquence », explique-t-il.

« Mais en ce moment, la plus grande menace pour les humains, ce ne sont pas les visons infectés par le SRAS-CoV-2, mais plutôt les autres humains ! » fait-il remarquer.


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Écrit par Williams Casavant

Source : Le Devoir

© 2020 par Magazine Passion animaux

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