La réhabilitation des animaux sauvages chez SOS Miss Dolittle, comment ça se passe?

Mis à jour : juin 29


Écrit par : Geneviève LeSieur

Photos : Geneviève LeSieur photographe


Un geai bleu en guérison

Ça fait un moment que je suit SOS Miss Dolittle sur les réseaux sociaux et j’ai récemment eu la grande opportunité de faire une visite à ce refuge pour animaux sauvages, situé à St-Henri-de-Lévis.


Derrière les murs de l’habitation aux allures de maison de campagne traditionnelle, vit un monde insoupçonné. Je fus plongée dans un univers à part, oiseaux ici, porcs-épics là, écureuils là-bas, pas moins d’une centaine d’animaux étaient hébergés au moment de ma visite. Il ne faut causer aucun stress aux pensionnaires et tous les bénévoles qui s’affairaient, tels de petites abeilles, parlaient à voix basse.


Je m’intéressais au cheminement des animaux au refuge, de leur arrivée à leur retour dans la nature, et quoi de mieux que d’avoir Jennifer Tremblay, la fondatrice et présidente de SOS Miss Dolittle, pour répondre à mes questions.


Au moment où nous nous apprêtions à débuter notre entretien, une urgence survenait. Quelqu’un apportait un plongeon huard trouvé sur la route et Jennifer était là pour l’accueillir, sous mes yeux remplis de curiosité. Avec précaution, le huard est sorti de son abri improvisé et placé dans une cage en attente de son examen médical.


«Il est fréquent que les huards confondent une route pour un plan d’eau, et après ils ne peuvent plus s’envoler puisqu’ils n’ont pas la capacité de le faire sur la terre ferme. C’est probablement ce qui lui est arrivé... vous avez sauvé une vie!», lançait Jennifer au bon samaritain.


Encore éblouit par la splendeur de l’oiseau, l’extraordinaire situation qui venait de se dérouler sous mes yeux, le naturel et le calme de Jennifer, nous pouvions poursuivre notre rencontre. En quatre étapes, voici donc ce que j’ai appris sur le parcours d’un patient au refuge.



Étape 1 : le recueil


Fiche de renseignements sur les conditions de l’animal

«Lorsque les gens trouvent un animal qui semble blessé, nous leur expliquons les précautions à prendre pour le capturer et nous vérifions qu’il s’agit bien d’un cas de détresse. C’est parfois évident, une patte cassée, une aile pendante... Mais un animal trouvé seul n’est pas nécessairement en détresse, il y a des espèces où la mère est toujours à côté de son bébé et d’autres non, c’est notre travail d’évaluer la situation.


L’animal est accueilli au refuge pour un examen médical. Nous avons des formations de base et nous sommes encadrés par l’hôpital vétérinaire de l’Ormière et la Clinique vétérinaire du compagnon à Sainte-Marie. Nous avons beaucoup de cas d’orphelins, par exemple la destruction d’un nid par un chat, on examine les bébés et on «joue» ensuite à la maman oiseau!»


Étape 2 : la réhabilitation



Les canards dans leur enclos

«Trois options sont possibles. La première est d’assister l’animal qui a besoin d’une réhabilitation jusqu’à sa relâche dans son habitat naturel. C’est le chemin que nous souhaitons, c’est notre mission! La deuxième est pour l’animal qui ne pourra plus être autonome. S’il est un bon candidat, il pourrait avoir une place en captivité au zoo sauvage de Saint-Félicien, au zoo de Granby ou au zoo Ecomuseum. La dernière option est l’euthanasie humanitaire, je souligne l’importance du mot humanitaire puisqu’il s’agit d’abréger la souffrance...


Un oiseau adulte accompagne des oisillons afin de les aider dans leur apprentissage

Le sujet qui suit une réhabilitation est placé dans un environnement qui reproduit son habitat naturel. Nous sommes familiers avec plusieurs espèces mais pour les cas plus rares, nous devons faire des recherches afin d’attribuer les bons soins. La durée du séjour peut varier de une journée à plusieurs mois, les animaux seront vermifugés, vaccinés, bagués, tagués et micropucés pour certains.»



Étape 3 : la préparation à la relâche


Ce raton en réhabilitation aurait bien aimé jouer avec ma caméra!

«Un orphelin manquera assurément de connaissances, il faut donc l’éduquer. On lui montrera à chasser et nous reproduirons des situations réelles pour qu’il apprenne à se débrouiller seul. Un oiseau qui n’a pas volé depuis longtemps sera placé dans une volière afin qu’il puisse s’exercer, une mouffette aura de la terre pour creuser, un raton aura de quoi grimper, il faut renforcer leur musculature et leurs habiletés.


Des recherches sont ensuite nécessaires afin de trouver le bon lieu et le bon moment de relâche. Pour un oiseau, nous devons tenir compte de la migration et il arrive que nous ayons recours à un pilote d’avion pour l’amener où il retrouvera les siens. Les ratons passent un an auprès de leur mère, nous les garderons donc pour la même période, le castor 2 ans, le porc-épic 4 mois, nous devons suivre l’histoire naturelle.»


Étape 4 : la relâche

«Il y a plusieurs méthodes pour relâcher un animal mais prenons des exemples concrets. Avec le huard qui vient d’arriver, lorsque ses soins seront terminés, il sera apporté sur son lac où il sera libéré et nous partirons. Il s’agit d’une relâche directe, l’animal est relâché directement dans son environnement.


Isabel, le petit polatouche

Avec Isabel, notre petit polatouche qui a été victime d’une morsure de chien, apportée ici bébé, elle a donc eu à suivre le cheminement d’une réhabilitation complète. Le moment venu, nous apporterons sa cage dans un lieu choisi avec soin et elle y restera pendant trois jours pour se familiariser à son nouvel environnement. Après trois autres jours combinés à une température favorable, nous ouvrirons la porte de la cage, elle pourra ainsi sortir explorer mais aussi revenir s’y réfugier. Lorsque Isabel n’aura plus d’intérêt pour sa cage, nous la retirerons des lieux. Il s’agit d’une relâche douce».


Jennifer Tremblay qui me présente Isabel

Il est maintenant facile de comprendre tout le travail derrière chaque petit patient. Merci à Jennifer et son équipe pour cette belle rencontre et surtout merci pour votre passion et dévotion envers la cause animale. Souhaitons qu’Isabel et tous les pensionnaires du refuge auront une belle et longue vie dans la nature!


Le centre SOS Miss Dolittle vit uniquement des dons et des levées de fonds, consultez leur page Facebook (https://www.facebook.com/www. sosmissdolittle/) ou leur site Internet (sosmissdolittle.com) pour en savoir plus.




genevievelesieur.com

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© 2020 par Magazine Passion animaux

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