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La baleine de Montréal : Mort par collision, une thèse possible

Mis à jour : juin 29


Selon le premier examen post-mortem des scientifiques qui ont commencé à analyser la carcasse mercredi, la baleine de Montréal retrouvé morte échoué près de Varennes mardi matin a probablement été frappée par un bateau.

« L’animal présentait quand même des signes de traumatismes possibles. Il y avait présence d’hématomes et d’hémorragies qui suggèrent fortement que l’animal a été frappé par un navire », a indiqué lors d’un point de presse mercredi Stéphane Lair, de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal qui procède à l’autopsie de l’animal.

« À ce moment-ci, il est trop tôt pour confirmer cette hypothèse. On doit compléter nos analyses », a-t-il précisé.

Après plusieurs examens, qui comporteront entre autres l’analyse des tissus du cétacé, un rapport sera publié d’ici un à deux mois.

Malgré sa mort, la femelle représente toutefois une mine d’informations pour les spécialistes.

Lors de sa mort mardi matin, les courants l’ont trainé avant qu’elle s’échoue, laissant sa carcasse exposée au soleil et dont les organes étaient en putréfaction avancée. 

« Ce cas est intéressant pour nous parce que c’est très rare qu’on ait la date de la mort de l’animal. Dans 99% des cas, on ne le sait pas. Pour lui, on a quand même une bonne idée. J’ai quand même été surpris de voir à quelle vitesse la décomposition s’était installée », note Stéphane Lair.

« [L’analyse des organes internes] va nous permettre de savoir si ce sont vraiment des hémorragies ou s’il s’agit d’artéfacts associés à la putréfaction

Stéphane Lair affirme aussi qu’un bilan de santé complet de la baleine à bosse sera établi. Pour monsieur Lair, le cétacé semblait être en bonne santé et état de chair de son vivant, au contraire d’un animal malade qui aurait du mal à s’alimenter. 

« Ça nous suggère que sa présence dans le fleuve n’est pas associée à une maladie. Les jeunes rorquals, les jeunes baleines en général, sont connus pour des comportements d’exploration et peuvent se retrouver à l’extérieur de leur secteur », explique le vétérinaire de l’Université de Montréal.

Même si certains suggèrent que la baleine aurait été entrainée loin dans le fleuve en raison de bancs de poissons, Stéphane Lair n’est pas de cet avis puisqu'aucun poisson n’a été retrouvé dans son estomac. Selon lui, il est impossible de savoir si l’animal s’est alimenté lors de son périple dans le fleuve Saint-Laurent.

Malgré la mort tragique de cette créature, les experts dressent un bilan plutôt positif de la venue d’un tel animal dans les eaux de la métropole. 

« Espérons que l’héritage du passage de cet animal-là sera heureux. Que beaucoup de gens auront pris connaissance que seulement 450 kilomètres en aval du pont Jacques-Cartier vivent des animaux magnifiques. Plus on fait attention au Saint-Laurent, plus on fait attention à ses confrères et consœurs qui eux sont en train d’arriver dans le golfe et l’estuaire et ils y seront en grand nombre cet été », exprime Robert Michaud. 

Il existe tout de même un enjeu important à régler, la cohabitation entre les différents mammifères marins et les bateaux qui naviguent dans le fleuve.

« Cet enjeu-là a cours tous les jours, tous les étés et on l’adresse de façon de plus en plus frontale. On prend des mesures de plus en plus importantes pour assurer cette cohabitation-là. On partage la planète avec d’autres êtres magnifiques, mais ce partage-là pour qu’il soit viable, ça nous prend des grands soins. Espérons que le passage de ce rorqual nous rappelle qu’il y a de la vie magnifique dans le Saint-Laurent. Une vie fragile, mais qu’on peut cohabiter si on en prend soin. »


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Écrit par Williams Casavant

Source : TVA Nouvelles

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© 2020 par Magazine Passion animaux

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