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COVID-19 : Les scientifiques souhaitent protéger la chauve-souris

Mis à jour : juin 29



La communauté scientifique a recommandé de suspendre jusqu’à nouvel ordre les travaux de recherche impliquant la capture et la manipulation de chauves-souris en raison d’une préoccupation due au risque de transmission de la COVID-19 des humains à la chauve-souris d’Amérique du Nord.

Même si les possibilités d’une contamination sont plutôt faibles, le risque zéro n’existe pas et les experts ont choisi la voie de la prudence afin de protéger ces espèces déjà menacées sur le territoire.

« On a vu nos populations diminuer de 90 % depuis 2010 au Québec. Le champignon [non indigène et qui contribue en partie à menacer les chauves-souris] venait d’Europe justement. Donc, on est encore plus sensible », explique Anouk Simard, biologiste en conservation de la biodiversité au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

La communauté scientifique a donc dit : « nos travaux ne valent pas le risque de mettre ces espèces en danger à cause de la COVID-19 », précise ensuite la spécialiste.

C’est depuis 10 ans qu’Anouk Simard étudie de près les populations de chauves-souris au Québec. Ses travaux portent entre autres sur le déclin de ces colonies causé par une infection appelée syndrome du museau blanc.

Comme dans l’ensemble du Canada et des États-Unis, en raison du virus, les travaux de la biologiste qui impliquent des contacts directs avec l’animal ont été interrompus.

« Par exemple, la pose d’émetteurs sur le dos des chauves-souris qui nous aident à mieux connaître leurs déplacements, c’est le genre de travaux qui étaient d’ailleurs prévus cet été dans la région de l’Outaouais et qui ont été suspendus », informe-t-elle.

En raison des nouvelles directives sur le travail, l’aide des citoyens pour le décompte des colonies de chauves-souris devient beaucoup plus important pour cet été.

« Car on essaie de limiter nos déplacements dans les régions », souligne Anouk Simard. « D’autres projets de recherche pourront se poursuivre, comme celui qui teste l’efficacité des dortoirs qui serviraient d’abris chauffants et permettraient d’offrir des habitats alternatifs ».

Est-ce que le virus est d’origine animale? Cette question est sur toutes les lèvres et même si la chauve-souris fût le suspect numéro un, les preuves nécessaires à son accusation ne sont pas totalement fondées.

Comme le rappelle la biologiste sur les maladies de la faune Ariane Massé, du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, plusieurs travaux dans le monde sont actuellement en cours pour connaître la véritable origine du virus.

« Ce virus a des similitudes au niveau de la génétique à celui qui est présent chez certaines populations de chauves-souris en Asie. Mais il reste qu’ils n’ont pas toutes les composantes qui permettent d’infecter l’humain. Il manque encore des pièces au casse-tête pour savoir quelle est la source », mentionne Mme Massé.

« Même si c’est anecdotique, il a été démontré que quelques personnes avaient transmis le virus à des animaux principalement gardés en captivité. Et compte tenu de la précarité des chauves-souris en Amérique du Nord, on ne peut pas prendre de risque », soulève-t-elle, tout en soulignant sa préoccupation concernant la transmission de la COVID-19 de l’humain à la chauve-souris.

La biologiste Anouk Simard mentionne également qu’aux États-Unis, plusieurs travaux sont menés dans le but d’évaluer les possibilités de la transmission du SRAS-CoV-2 de l’humain à la chauve-souris.

« Les chauves-souris d’Amérique n’ont jamais été en contact avec le virus. Et nous on pourrait le propager à l’animal qui à son tour pourrait devenir un réservoir », ajoute-t-elle.

Les chauves-souris sont d’ailleurs considérées comme un insecticide naturel et donc extrêmement importantes dans la régulation des populations d’insectes.

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Écrit par Williams Casavant

Source : Radio-Canada – tiré de l’article et du reportage de Nicole Germain

* Vous pouvez d'ailleurs cliquez sur le lien ci-dessus pour écouter le reportage de madame Germain et voir des photos exclusives sur l'article!

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