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COVID-19 : Les ours noirs du Québec seront-ils les prochaines victimes ?


Les ours noirs du Québec risquent d’être les prochaines victimes de la pandémie en cours. En raison de la recommandation des autorités chinoises d’utiliser la bile d’ours comme remède contre la COVID-19, des braconniers pourraient avoir la mauvaise idée de prendre la bête comme cible pour revendre sa vésicule biliaire à prix très élevé. 

La Commission nationale de la santé, en Chine, a recommandé au printemps sur son site web l’utilisation d’un médicament à base de bile d’ours nommé Tan Re Qing. Il pourrait être utiliser pour traiter les cas sévères de COVID-19.

Cette recommandation n’a pas été entendue par des sourds. En effet, Québec et Ottawa ont confirmé au Bureau d’enquête de TVA Nouvelles qu’ils étaient au courant de la situation.

« La Protection de la faune du Québec, déclarée service prioritaire par la santé publique, est demeurée très vigilante sur cet aspect durant la pandémie », assure le porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP), Sylvain Carrier.

Utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise depuis des milliers d’années, la bile d’ours n’a jamais été révélée comme étant efficace pour contrer le coronavirus. 

Au Québec, il est interdit de posséder et de vendre les vésicules d’ours.

Les agents n’ont pas relevé de changement significatif durant la période de chasse à l’ours qui s’est terminée cette semaine. Cependant, ils ont mentionné garder l’œil ouvert lors de la prochaine session de chasse cet automne.

« Est-ce que [la déclaration chinoise] va augmenter la demande de bile et le braconnage ici en Amérique du Nord ? C’est trop tôt pour le dire », précise le directeur général de l’application de la loi sur la faune, Sheldon Jordan.

Même si Québec et Ottawa n’ont pas remarqué de changement concernant le braconnage d’ours, il est important de rappeler que cette pratique existait bien avant la COVID-19.

« Montréal et le Québec sont une plaque tournante de différents produits sur le marché de la contrebande internationale, mais plus particulièrement pour les vésicules biliaires d’ours », explique Jonathan Campagna, directeur régional de l’application de la loi sur la faune à Environnement Canada.

Pour exemple, en juillet 2018, un réseau de contrebande impliquant 64 personnes a été démantelé au Québec et une centaine de vésicules biliaires qui devait être exportée sur le marché asiatique ont été découverte. 

« La plupart du braconnage et trafic de vésicules biliaires sont pour alimenter les marchés en Amérique du Nord », précise toutefois M. Jordan.

L’organisme World Animal Protection mentionne que de nombreux produits à base de bile d’ours se trouvent facilement dans les magasins de médecine asiatique au Canada.

« [Une vésicule biliaire] peut se vendre 250 $ sur le marché noir. Mais à l’étranger, ça peut être 10 000 $, souligne M. Campagna. Selon notre service de renseignement, un kilo de bile à l’étranger peut se vendre jusqu’à 200 000 $. C’est très prisé. »


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Écrit par Williams Casavant

Source : TVA Nouvelles

© 2020 par Magazine Passion animaux

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