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COVID-19 : Le virus aurait une odeur que les chiens pourraient reconnaître

Mis à jour : juin 29


Écrit par : Williams Casavant


Le projet Nosaïs, développé et dont le protocole de recherche est supervisé par Dominique Grandjean, professeur à l’École vétérinaire d'Alfort et chef du service vétérinaire des Pompiers de Paris, vise à former des chiens de détection médicale à la détection olfactive du nouveau virus.

« Aujourd'hui, je peux le dire avec certitude : les chiens sont capables de flairer le Covid-19 », affirme monsieur Dominique Grandjean. « On a commencé au Liban avec la détection du cancer du colon et ça marche très bien. On a ensuite lancé des essais pour la maladie de Parkinson et ce coronavirus est arrivé. Alors on s'est dit : pourquoi pas ? » explique le vétérinaire. « On sait que l'université d'Alabama, aux États-Unis, forme des chiens à la détection de la maladie des muqueuses chez les bovins, et ça fonctionne. Or, cette maladie virale est difficile à dépister par des tests classiques, tout comme le Covid-19 ».

L’une des premières problématiques était surtout de savoir sur quels échantillons les chiens allaient être formés. Dominique Grandjean détaille d’ailleurs la question : « Nous avons opté pour la sueur – pieds ou aisselles – car il n'y a pas de virus dedans qui pourrait contaminer nos chiens, contrairement à l'urine, à la salive ou aux selles. Mais des traces de ce virus sont toutefois excrétées dans la sueur. Par ailleurs, ce sont des endroits qui ne risquent pas de subir une contamination passive ».

Le professeur mentionne aussi qu’il met un point d’honneur à vérifier toutes les possibilités pour avoir des résultats les plus fiables possible. Par exemple, les prélèvements sont faits sur des patients avec des symptômes, dont la PCR est positive et qui prennent des médicaments depuis moins de 24 h. Les prélèvements sur personnes négatives sont également faits au même endroit pour que le chien ne s'attarde pas sur le bruit de fond olfactif lié au lieu.

Pour le choix des individus à entraîner, l’équipe s’est tournée vers des chiens déjà formés à la détection d’explosifs, à la recherche de personnes disparues ou de stupéfiants. L’objectif actuel consiste à ajouter une odeur à leur bibliothèque olfactive et, grâce au bon entraînement, localiser les échantillons positifs du virus.

Au total, 19 chiens sont actuellement en entraînement dans différents hôpitaux. 8 individus dans l’hôpital Bégin, à Saint-Mandé, 8 autres dans l’hôpital d'Ajaccio, en Corse et les 3 derniers ont rejoint le programme à l'université franco-libanaise de Beyrouth. « Nosaïs va également être lancé au Brésil, à l’université de Liège, en Belgique, ou encore aux Émirats arabes unis », précise Dominique Grandjean.

D’autres pays comme les États-Unis et l’Angleterre ont aussi débuté des projets similaires, mais avec des méthodes différentes. Il donne d’ailleurs son avis en mentionnant que «l’Angleterre, qui n'a pas souhaité collaborer avec Nosaïs, utilise l'air expiré par les malades. Il faudra le stériliser pour protéger les chiens, et donc il n'y aura plus de molécule virale, déplore le vétérinaire. Des chercheurs de l'université de Pennsylvanie, qui sont des amis, utilisent, eux, la salive et l'urine. Là encore, je pense qu'ils font une erreur, mais bon… ».

« Cette semaine, nous achevons la phase terminale du programme de formation puis nous commencerons la phase de validation pour une dizaine de jours. À ce moment-là, le chien aura devant lui des prélèvements positifs, négatifs, des groseilles, des choux… Et on pourra voir s'il fait de faux marquages devant des échantillons sans molécule virale. Seule la personne qui met en place l'expérience saura où se trouvent les prélèvements positifs », détaille le professeur à l’École vétérinaire d'Alfort.

Le chien devra vérifier une centaine prélèvements et avoir 70% de réussite au minimum pour que le programme soit validé. D’ailleurs, les chiens correctement formés à la détection de la COVID-19 pourront être utilisés dans les aéroports ou d’autres endroits publics pour assurer la protection des personnes.

Source : animaux-online

© 2020 par Magazine Passion animaux

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