Adoption : mieux comprendre les restrictions

Mis à jour : juin 29

Écrit par : Mel-Lyna Cadieux


Lors de l’adoption d’un animal, il est très commun d’entendre le terme « restriction » pendant la lecture du profil de celui-ci. Qu’elles concernent le comportement, la santé ou le lieu de vie de l’animal, les restrictions sont présentées aux adoptants potentiels non pas pour faire peur et les dissuader d’adopter, mais bien pour s’assurer que l’animal ai des conditions de vie optimales en fonction de son profil et ses particularités.


Restriction VS problème

Bien souvent, nous entendons des commentaires tels que « les animaux de refuges sont tous des animaux avec des problèmes », ou bien « il n’y a aucun animal sans restrictions dans les refuges ». À ces questions, je vous répondrais :

– Non, les animaux de refuges ne sont pas tous des animaux avec des problèmes  ;

– Oui, la plupart des animaux présentent des restrictions, car la vérité est que tous les animaux ont certaines restrictions qui doivent être respectées pour assurer leur bien-être.


Avant de poursuivre mon explication, il est nécessaire de définir ce qu’est une restriction ainsi qu’un problème. Une restriction tend à restreindre quelque chose qui est susceptible de nuire au bien-être de l’animal et à sa qualité de vie. Un problème quant à lui est une difficulté éprouvée par l’animal qui peut être résolue, soit en changeant certaines habitudes avec celui-ci, en modifiant certaines composantes de son environnement ou au contraire, en y ajoutant des éléments essentiels à son bien-être qui sont absents. Il est important de savoir que certains problèmes de comportement et de santé chez les animaux sont le reflet direct d'un manque ou d'une situation inadéquate dans leur environnement de vie.


Plusieurs restrictions peuvent se retrouver dans le dossier d’un animal, telles que :

  • Famille sans jeunes enfants ;

  • Pas de chat / pas de chien ;

  • Environnement sans bruits / activités intenses et stressantes pour l’animal ;

  • Pas d’activité physique trop intense (si l’animal présente certains problèmes de santé) ;

  • Etc.

À partir de ces restrictions, des recommandations peuvent être faites, telles que l’adoption par des adoptants expérimentés, des visites régulières chez le vétérinaire ou des cours d’éducation canine par exemple. Les possibilités sont infinies, et elles sont déterminées par le personnel responsable de l’animal en fonction de son profil et ses besoins particuliers.


Les « problèmes » peuvent aussi prendre différentes formes et avoir différentes causes. Dans un environnement inadapté ou face à certaines situations, un animal peut ressentir plusieurs émotions, telles que la peur, l’anxiété, le stress ou la frustration, qui pourraient mener à plusieurs problèmes de comportement si la situation initiale n’est pas adressée. Des problèmes de santé peuvent aussi apparaître, si l’animal est mis dans une situation où il risque de se blesser, de contracter des maladies ou si un problème de santé déjà existant n’est pas correctement traité. Dans certains cas d’exception, un animal peut souffrir d’un problème n’ayant aucun lien avec son environnement ou ses expériences antérieures, mais dans beaucoup de cas, le lien peut facilement être fait.



Un processus nécessaire

Même si le processus d’adoption peut sembler long et exagéré pour certains adoptants, celui-ci reste très important et devrait être suivi à la lettre par tout employé responsable de l’animal. Pour illustrer la situation, voici une mise en scène qui compare le processus d’adoption d’un chiot dans une animalerie versus le processus d’adoption d’un chiot dans un refuge.


À l’animalerie, n’importe qui pourrait entrer et acheter un chiot Berger allemand sur un coup de tête. À première vue, le chiot n’aurait aucune restriction ou « problème » clairement identifier, tout semble parfait.


À l’opposé, ce même chiot, s’il était disponible pour adoption dans un refuge, aurait fort probablement des restrictions et recommandations dans son dossier, tel que adoptant expérimenté souhaité, besoin de dépenser beaucoup d’énergie, et cours d’éducation canine recommander pour ne donner que quelques exemples. Bien sûr, ces commentaires peuvent varier d’un animal à un autre pour différentes raisons, mais peut importe l’animal, il y aura toujours des restrictions et recommandations à suivre pour que l’animal se retrouve dans un type de foyer particulier qui lui conviendra le mieux.


Est-ce que cela veut dire que le chiot d’animalerie a moins de problèmes que le chiot de refuge ? Pas du tout, l’unique différence est que dans l’une des situations, les restrictions ne sont pas présentées, car l’intérêt n’est pas le même.


La réalité est que peut importe son âge ou sa provenance, chaque animal a un profil unique, faisant en sorte qu’il aura des conditions de vie optimales dans un environnement précis plutôt qu’un autre. Si nous revenons à notre chiot Berger allemand, celui-ci serait bien plus heureux dans une famille active et expérimentée avec les chiots, plutôt qu’avec des débutants n’ayant pas beaucoup de temps à lui consacrer ni l’espace nécessaire.


Malheureusement, lorsque l’animal se retrouve dans un tel environnement qui ne lui convient pas, celui-ci pourrait éventuellement développer certains « problèmes » de comportement ou de santé, qui ne seront en fait que le reflet des conditions de vie inadaptées qui lui ont été imposées, et dans de telles situations souvent problématiques pour les adoptants, la seule solution se voit souvent être l’abandon.


Le même animal, mais un intérêt bien différent

En tant qu’organisme à but non lucratif, les refuges ont comme mission de placer leurs animaux dans la famille avec le meilleur profil possible selon ses besoins. Leur but n’est donc pas de tirer profit de la « vente » de l’animal, mais bien de lui assurer une vie meilleure, même si cela implique qu’ils perdront de l’argent dans le processus. Puisqu’il n’y a rien à perdre, ceux-ci n’hésitent aucunement à présenter l’animal sous son vrai jour et à conscientiser les adoptants à l’engagement que représente l’adoption d’un animal pour la vie. De plus, avant la mise en adoption, une évaluation comportementale ainsi qu’un examen médical auront lieu pour fournir au futur adoptant le plus d’information possible sur son nouveau compagnon.


Les animaleries quant à elle, vivent grâce aux profits qu’elles font sur la vente d’accessoires pour animaux, de nourriture et pour certaines, d’animaux venus d’élevages. Vendus à des prix exorbitants à un très jeune âge, les profits sont très gros, et beaucoup d’achats impulsifs ont lieu puisque les petites bêtes dans les vitrines semblent être la définition même de la perfection. Dans cette situation, prendre le temps de s’assoir avec l’adoptant, de réviser ensemble le profil de l’animal et de s’assurer que l’adoptant remplit tous les critères avant de lui faire signer un contrat d’engagement peut effrayer plusieurs clients, qui changeraient sûrement d’avis en réalisant que ce qu’ils s’apprêtent à faire est sérieux, et que l’animal aura besoin d’un environnement remplissant certaines conditions durant toute sa vie afin d’être épanoui.


Par contre, puisque cela est égal à une perte de profit, les animaleries ne présenteront que rarement un profil aussi élaboré de l’animal aux adoptants potentiels, et le laisseront partir avec le premier venu. Oui, certains animaux ont un comportement et une santé exemplaire, mais reste que ceux-ci auront tout de même des restrictions à respecter concernant leur environnement idéal et le profil de leur futur adoptant. Même si l’animal n’a pas de restrictions majeures et qu’il pourrait s’adapter dans plusieurs environnements, le minimum est de s’assurer qu’il se retrouvera dans un milieu de vie encadré avec des adoptants avertit capables de subvenir à ses besoins durant toute sa vie.

Prévenir les abandons

Pour éviter un abandon, il est primordial de poser les bonnes questions et de présenter aux adoptants potentiels les besoins particuliers de chaque animal, tout en gardant en tête que ces restrictions ne sont pas des problèmes, mais bien des éléments clés pour assurer le bien-être physique, psychologique et mental de l’animal. Les problèmes eux, ne sont souvent que les conséquences des erreurs passées, dues bien trop souvent à un manque d’information lors d’une adoption sur un coup de tête.


Il serait faux de penser que tous les animaux abandonnés ont des problèmes, car plusieurs motifs non reliés à l’animal peuvent motiver un abandon, tel qu’un déménagement, le manque de temps ou des allergies. Toutefois, c’est en faisant l’effort de sensibiliser les adoptants que nous pourrons prévenir les éventuels problèmes, qui sont la source de plusieurs autres abandons.


Dans beaucoup trop de situations, l’animal n’est aucunement le problème, mais bien la victime d’un environnement inadapté ayant eu des répercussions négatives sur sa qualité de vie et son bien-être, d’où l’importance de l'adoption responsable. Toutefois, dans un nouvel environnement qui lui convient avec des adoptants prêts à s’engager et à travailler avec l’animal, ces problèmes pourront presque toujours être résolus.


Prendre le temps de sensibiliser les adoptants aux responsabilités liées à l’adoption d’un animal et à l’importance de respecter les besoins de celui-ci est donc essentiel afin de prévenir les abandons ainsi que les problèmes de comportement et de santé chez les animaux. Si le processus d’adoption continue à recevoir des plaintes au sujet de sa complexité, alors je crois que c’est la preuve incontesté de l’importance de conscientiser les citoyens, puisque cela démontre une fois de plus que l’adoption d’un animal est à première vue quelque chose de bien banal pour plusieurs.



© 2020 par Magazine Passion animaux

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