Élevage de chiens douteux à Côte Saint-Luc : Les témoignages se multiplient


Suite à notre article concernant l’enquête sur un éleveur de bouledogues français à Côte Saint-Luc, l’équipe du Magazine Passion animaux a reçu plusieurs témoignages de citoyens ayant été témoins des activités douteuses de l’élevage en question.


Nous vous présentons l’un des témoignages pour faire suite au dossier. Afin d’éviter toutes représailles de la part de l’éleveur, notre témoin a demandé de garder l’anonymat.


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C’est en octobre 2017 que la dame a visité l'établissement de l’élevage We love frenchies. Lors de la visite, les propriétaires ont emmené la cliente au sous-sol où 5 chiots étaient gardés. Étant déjà au courant des problèmes de sinus assez fréquents chez la race, la dame a passé un long moment à observer l’état des chiots.


« Nous avons posé des questions à l'éleveur sur son élevage et les tests réalisés et nous nous sommes également renseignés sur les origines des parents des chiots. Il (l’éleveur) a mentionné que le père et la mère étaient en Ontario. »

« Lorsque nous avons demandé s'il était inscrit au Club Canin Canadien, il a dit qu'il l'était dans le passé, mais que le coût d'inscription n'en valait pas la peine et ne changeait en rien la qualité de ses chiens. Il connaissait aussi personnellement un vétérinaire, un ami de la famille, qui faisait tous les tests requis sur les chiens »


Après une longue discussion, les clients sont remontés à l’étage et c’est à ce moment que l’éleveur sortit un chiot mâle d’environ 6 mois de couleur «Royal Blue» (gris), étant beaucoup plus cher que les autres.


« Il a dit qu'il était censé l'utiliser éventuellement pour se reproduire et qu'il avait l'intention de garder ce chien comme animal de compagnie de la famille, mais c'était trop difficile à gérer puisque sa femme était enceinte à l'époque. Il nous a dit que nous pourrions l'emmener pendant un jour à deux pour voir si ça fonctionnait... Bien sûr, je suis immédiatement tombé amoureuse de ce garçon. Le prix dépassait mon budget, mais par amour et après une petite négociation, j'ai acheté ce petit garçon pour la somme de 3750 $. »


Quand il a été temps de payer et de signer le contrat, l’éleveur a donné à la cliente un carnet de santé qui, à sa grande surprise, était dans une autre langue. Quand celle-ci lui a demandé pourquoi, l’éleveur lui a tout simplement répondu que son ami, le vétérinaire qui s'occupait des chiens de l'élevage, était d'une autre nationalité, ce qui explique la langue étrangère. Selon ses dires, tout était en règle et il n’y avait aucune raison de s'inquiéter.


Malgré ces promesses, plusieurs surprises attendaient la nouvelle propriétaire du chiot, qui a vite constaté que le petit présentait plusieurs problèmes d'ordre médical et comportemental, en plus de ne pas être un véritable « Royal Blue ».


« Bien que j'adore mon chien, j'ai clairement l'impression que j'ai été utilisé. Tout d'abord, la couleur de mon garçon est bringé et non bleu, bien que le prix ai été plus élevé pour cette couleur "rare et spéciale", en plus des problèmes de tempérament. Côté santé, il a souvent des diarrhées, des allergies et une luxation de la rotule. Quand je l'ai emmené chez le vétérinaire, ils ont dit que c'était en lien avec la génétique des parents. Le problème de luxation de la rotule pourrait être traité par chirurgie au coût de 3000 $ par patte, donc 6000 $ pour les deux genoux. »


« En plus de toutes les autres conditions, mon chien, qui est maintenant adulte, ne ressemble en rien au « pur-sang » qui m'a été vendu. Il a un torse et un museau beaucoup plus longs que le bouledogue français moyen, et est plus grand que la moyenne. Il pèse environ 45 à 50 lb, sans excès de graisse, alors qu’un bouledogue français mâle moyen devrait peser environ 20 à 30 lb. »


En plus du sentiment d’avoir été berné par l’élevage, elle se dit être triste de voir que des gens censés être des amoureux des animaux, et qui se présentent comme tel, ne se soucient que des profits et puissent mentir si facilement à leur clientèle.


Une situation très inquiétante

Avec l’accumulation de témoignages reçus depuis la dénonciation de l’élevage, tout porte à croire que les chiots qui y sont vendus sont en fait élevés à l’étranger, et non ici au Canada comme l'indique l'éleveur. De plus, en constatant tous les problèmes de santé présents chez les chiots, il est à se demander de quel type d'élevage viennent ces chiens, dont la génétique douteuse ne correspond pas à celle que nous pourrions retrouver chez les chiens d'un éleveur éthique.


Il ne va sans dire que la situation inquiète plusieurs amoureux des chiens, espérant que justice soit rendue et que des lois plus strictes soient mises en place concernant les élevages.


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Écrit par : Mel-Lyna Cadieux

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© 2020 par Magazine Passion animaux

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